Campagnes solidaires est le mensuel de la Confédération paysanne, engagé avec les paysans et les acteurs du mouvement social dans l'émergence d'autres mondes possibles.
C'est un point de ralliement pour ceux qui veulent comprendre les réalités de la vie et des luttes paysannes dans le monde et ici en Europe.
C'est aussi un espace pour ceux qui veulent s'exprimer sur ces réalités et la manière d'agir sur elles.
Informer, c'est contribuer au débat sur les sujets de société tels que les OGM, la sécurité alimentaire et la mondialisation...
Campagnes solidaires, notre, votre journal, tente chaque mois de restituer les résistances et les espoirs de ces luttes. Nous avons besoin de vous pour continuer ce combat.
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DossierL’art, au cœur de nos luttes et de nos vies
Objets symboliques façonnés en argile avec les zapatistes accueilli.es à la ferme, carnaval contre les pesticides et la loi Duplomb, théâtre de l'opprimé et théâtre forum lors d'assemblées générales dans les départements, chants et danses durant les misticas avec les femmes du Mouvement des sans terre au Brésil, représentations géantes de l'outarde, du loriot ou de la loutre, car nous sommes le vivant qui se défend, galerie virtuelle d'« artistes pour la souveraineté alimentaire » pour célébrer les trente ans de La Via Campesina… Ainsi sont les 1 001 talents des paysan·nes pour partager leurs quotidiens, exprimer leurs colères ou raconter leurs luttes.
L'art, la créativité et la culture sont des outils puissants quand ils sont des moyens d'expression et d'émancipation pour les peuples. Cela n'a rien à voir avec le développement personnel qui nous abreuve de fausses solutions pour être « heureux » en faisant fi des dominations subies.
L'art nous permet de sublimer nos préoccupations quotidiennes, de leur attribuer un sens politique. Il nous ouvre à d'autres manières de voir et de sentir, perturbe les évidences. Il constitue un des biais pour donner envie et élan dans les mobilisations, réintroduire la dimension festive dans l'action politique et prendre du plaisir, pour ne pas porter le désir de changement comme une croix, mais être porté par lui.
C'est un moyen de faire ressortir l'intelligence collective, de tisser des liens, de créer un sentiment de cohésion et de solidarité, d'exprimer et se faire entendre en touchant nos parts sensibles, de faire vibrer nos énergies, de faire face à la fatigue et à l'usure ensemble ou de transformer la colère, la tristesse et le sentiment d'injustice en puissance d'agir, de réenchanter la lutte pour continuer à s'indigner, à rêver et à se mettre debout ensemble…
Dans un contexte où les relents réactionnaires et conservateurs s'intensifient, faisant de la peur et du fatalisme leur fonds de commerce, les espaces artistiques, créatifs, culturels et les pratiques de l'éducation populaire – conscientisation, émancipation, augmentation de la puissance d'agir, transformation sociale et politique – sont à faire vivre plus jamais !
« Tous les pouvoirs ont intérêt et vocation à nous attrister
Un humain triste se brise plus facilement
La joie ça fléchit mal
ça ne se plie guère
la joie ça n'obéit pas
Sentir en soi s'amplifier la puissance d'agir : telle est pour Spinoza la joie »
Alain Damasio
Par Soazig le Bot,
paysanne dans le Morbihan
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