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ABATTAGE DE PROXIMITÉ : NOS POSITIONS

Abattage à la ferme Hérault

En 2020, un groupe d'éleveur-ses de l'Hérault, accompagné par la Confédération Paysanne 34, a entamé une réflexion sur l'abattage à la ferme. Leur objectif est la création d'un dispositif d'abattage mobile multi-espèces (ovins, caprins, bovins, porcins). Le projet BâtiAlim accompagne le groupe afin de concevoir cette solution collective.

 

Le Contexte

Le cadre réglementaire est actuellement favorable à la création de dispositifs d'abattage à la ferme. En effet, la loi EGAlim instaure un droit d'expérimentation, ouvert jusqu'en 2023, pour le déploiement d'abattoirs mobiles. De nombreux groupes d'éleveur-ses réfléchissent ainsi à implanter un outil mobile sur leur territoire. Il existe une vingtaine de projets d'abattage mobile en France, à divers stades d'avancement. Un travail de mutualisation et d'animation de réseau entre ces groupes est assuré par la Confédération Paysanne au niveau national et par la Fadear, avec le soutien de la Fondation de France.

Dans l'Hérault, un groupe d'une trentaine d'éleveuses et éleveurs s'est mobilisé depuis janvier 2020 en ce sens, accompagné par la Confédération Paysanne 34 et l'INRAE via le projet BâtiAlim. En décembre 2020, le groupe a créé une association de préfiguration pour porter le projet, l'association "Abattage à la Ferme Hérault".

Vous souhaitez soutenir ou rejoindre l'association, contactez les en cliquant ici

 

Les enjeux du projet
  • Favoriser le bien-être animal : réduction du stress de l'animal (pas de transport ; l'animal reste sur le lieu qu'il connaît ; pas de mélange avec d'autres animaux, pas d'attente à l'abattoir…), tout en restant rigoureusement dans le cadre réglementaire et sanitaire s'imposant à tous les abattoirs ; en réduisant le stress animal, améliorer la qualité de la viande

  • Permettre aux éleveur-ses de se réapproprier collectivement l'abattage de leurs animaux, assurer une continuité dans les pratiques d'élevage : « aller jusqu'au bout : de la naissance à la mort de nos animaux, pouvoir se porter garant du bon déroulement de leur mise à mort »

  • Répondre aux attentes des consommateur-trices et se montrer plus transparents vis à vis d'eux : les paysan-nes engagés dans les projets d'abattage ont souvent choisi la vente directe pour être au plus près des habitants de leur territoire ; ils veulent être en mesure d'apporter toutes les garanties à leurs clients, en terme de bientraitance animale, de traçabilité et de qualité des produits... Il s'agit aussi de ne plus occulter la mort des animaux d'élevage.

  • Favoriser un abattage de proximité, à taille humaine : car, comme pour l'élevage, l'industrialisation de l'abattage a des conséquences environnementales et sociales importantes...

 

Partenaires

paragraphe en cours de rédaction

 

Les phases du projet et son avancée

Phase 1 : Recueillir les besoins du territoire, les attentes des éleveurs-es ainsi que leurs motivations pour cette démarche collective.

→ Une enquête a été menée en ce sens par Laurie Vanel (INRAE) au premier semestre 2020. Elle a permis à la fois de déterminer les besoins et les attentes mais aussi de pré-dimensionner le projet. Aujourd'hui, tout nouvel élevage qui rejoint le collectif remplit un questionnaire, afin de l'intégrer dans les calculs de volumes, simulations de déplacement et calendrier d'utilisation de l'outil d'abattage mobile.

Phase 2 : Engager une réflexion avec les éleveurs pour identifier les outils et le dispositif les plus adaptés au territoire. Dimensionner ce dispositif, faire le calcul des seuils de rentabilité, éventuellement des surcoûts associés à la prestation d'abattage à la ferme... Définir la gestion des outils et le mode de gouvernance. Aller à la recherche des partenariats et expertises permettant d'avancer dans la conception

→ Des outils existent et des partenaires ont dès à présent été identifiés ; le dispositif global est en cours d'élaboration. La gestion des outils et la gouvernance n'ont pas encore été clairement définies. C'est le travail que l'association nouvellement créée : “Abattage à la ferme Hérault”, doit mener en 2021.

Phase 3 : Élaborer les outils et le dispositif global puis réaliser une phase de test, prévue au second semestre 2021. Dans le respect des mesures d'hygiènes et sécurité et de la réglementation, mettre en oeuvre un dispositif expérimental permettant, d'évaluer le bien-être animal, la traçabilité et la qualité de la viande ; les améliorations de la qualité de vie au travail pour les éleveurs et professionnels de l'abattage

→ Cette phase est à venir ; ses modalités sont en cours d‘élaboration.

 

Résultats de la phase 1 : l'enquête réalisée auprès des éleveurs

Une enquête a été menée par l'INRAE, dans le cadre du projet Bâti Alim, afin de préciser les besoins et attentes des éleveur-ses mais aussi de dimensionner le dispositif d'abattage et d'en évaluer la rentabilité. Ci-dessous, quelques résultats de l'enquête.

Au premier semestre 2020, le groupe était constitué de :

  • 15 éleveur-ses ovins-caprins

  • 10 éleveur-ses bovins

  • 4 éleveur-ses porcins

La moitié des fermes sont en GAEC et l'autre moitié individuelles. La majorité sont des installations hors cadre familial (68%), impliqués dans des démarches de qualité et d'agriculture paysanne (en agriculture biologique pour 65% d'entre elles).

À l'heure actuelle, les abattoirs les plus utilisés par les éleveur-ses sont ceux de Pézenas, St Affrique, Le Vigan.

Il y a 52 km en moyenne entre les fermes et leur abattoir, ce qui correspond à un trajet moyen de 64 minutes. Tous les éleveurs se chargent du transport des animaux eux-mêmes. En sortie d'abattoir, 64% passent par un atelier de découpe et de conditionnement de la viande. 71% de la vente se fait en vente directe : à la ferme, sur les marchés, en boutiques de producteurs, ou en AMAP.

Les principales motivations exprimées par les éleveurs pour le projet d'abattage à la ferme sont les suivantes :

  • L'amélioration du bien-être animal ;

  • La maîtrise des conditions d'abattage, dans la continuité de leurs pratiques d'élevage ;

  • L'amélioration de leurs conditions de travail : réduction du transport, de la manutention et de la contention des animaux ;

 

Phase 2 : le dispositif d'abattage envisagé

Pour répondre à ces besoins, le dispositif envisagé combinerait deux types d'outils mobiles :

  • un ou plusieurs caisson(s) d'abattage

  • un camion-abattoir

Attention : Il s'agit d'un dispositif non finalisé en cours d'élaboration.

Le caisson d'abattage

Il est mobile et peu encombrant, il peut accéder à toutes les fermes. Il permettrait de réaliser à la ferme les étapes allant de l'amenée jusqu'à la saignée. Il transporterait ensuite l'animal jusqu'à l'abattoir (fixe ou mobile) pour réaliser la suite des étapes.

Les caissons d'abattage n'existent à l'heure actuelle que pour l'abattage des bovins. Le projet prévoit donc d'adapter ces caissons pour de l'abattage multi-espèces.

Le camion abattoir

Deux options : si c'est possible (accès, calendrier...), il se déplacerait sur les fermes où seraient réalisées les étapes d'abattage et de mise en carcasse. Mais le camion pourrait aussi se positionner sur des stations de regroupement sur lesquelles le(s) caisson(s) viendraient le rejoindre après avoir réalisé les premières étapes de l'abattage à la ferme. Les stations de regroupement seraient choisies de manière à assurer un temps de transport faible entre les fermes et le camion.

Le camion-abattoir permettrait de réaliser la mise en carcasse et de stocker les carcasses dans un espace réfrigéré. Il se rendrait ensuite sur le lieu de découpe choisi par les éleveur-ses.

En Europe, des camions d'abattage mobile existent mais ils sont dimensionnés pour de gros élevages bovins uniquement. Le projet BâtiAlim a toutefois permis d'identifier un constructeur pertinent aux Etats-Unis, où l'abattage à la ferme est beaucoup plus développé.

Des adaptations seront faites sur le camion afin qu'il corresponde aux besoins des éleveur-ses et aux normes sanitaires européennes. Ce camion nécessite pour son fonctionnement 1 à 2 personnes. Il est envisagé qu'un professionnel soit engagé à temps plein (pour la conduite du camion et la réalisation des gestes techniques de la mise à mort) et que des éleveurs, préalablement formés, lui portent assistance.