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CAMPAGNES SOLIDAIRES


Campagnes solidaires est le mensuel de la Confédération paysanne, engagé avec les paysans et les acteurs du mouvement social dans l'émergence d'autres mondes possibles.

C'est un point de ralliement pour ceux qui veulent comprendre les réalités de la vie et des luttes paysannes dans le monde et ici en Europe.

C'est aussi un espace pour ceux qui veulent s'exprimer sur ces réalités et la manière d'agir sur elles.

Informer, c'est contribuer au débat sur les sujets de société tels que les OGM, la sécurité alimentaire et la mondialisation...

Campagnes Solidaires, notre, votre journal, tente chaque mois de restituer les résistances et les espoirs de ces luttes. Nous avons besoin de vous pour continuer ce combat.

Le numéro du mois

n° 361 - mai 2020
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L’autonomie technologique pour l’agriculture paysanne


Les dossiers sont disponibles en téléchargement trois mois après parution [voir dans la rubrique ARCHIVES]

Exceptionnellement, dû à la situation actuelle, le numéro 361 de Campagnes solidaires est disponible en suivant ce lien.

La crise du Coronavirus révèle notre fragilité. Fragilité humaine: «oui, nous sommes mortels », fragilité sociétale: «oui, nous dépen-
dons des autres êtres vivants », fragilité écologique: «oui, le déséquilibre de notre environnement peut créer des catastrophes brutales ».
En tant que paysan·nes qui vivons avec nos animaux, élevons nos plantes, sommes dépendant·es du climat, nous avons la chance
d'avoir conservé cette conscience. Aujourd'hui, le reste du monde et en particulier nos gouvernants semblent le découvrir.
Comme Emmanuel Macron dans son allocution du 13 mars: « Déléguer notre alimentation, (…) notre cadre de vie au fond,
à d'autres est une folie (…). Nous devons en reprendre le contrôle, construire plus encore que nous le faisons déjà, une France,
une Europe, souveraines. » Ou le ministre de l'Économie, le 7 février: « Il n'y a plus de souveraineté politique sans souverai-
neté technologique. » Doit-on se réjouir? On le pourrait s'il s'agissait de la souveraineté alimentaire telle que l'a définie la
Via campesina (1) , ou s'il s'agissait de la souveraineté technologique paysanne qui suppose autonomie de décision, maîtrise des
outils, respect de la nature et attention au développement local. Mais ce dont il est question pour nos dirigeants, c'est de tech-
nologie connectée, digitale, robotisée, automatisée, d'outils que les paysan·nes ne peuvent plus réparer, sur lesquels ils n'ont
aucun contrôle, dont le fonctionnement est géré par des données qui ne leur appartiennent plus.

Le concept de souveraineté technologique auquel nous nous référons est né en France au sein de l'Atelier Paysan, une association
de formation à l'appropriation et à la fabrication par les paysan·nes de leurs propres outils. Depuis, il se répand. Il était le sujet d'une rencontre européenne qui devait avoir lieu fin février entre Turin et Milan: ce n'est que partie remise.
On nous rétorque souvent que la souveraineté technologique ressemble à un retour en arrière, un refus du progrès, une volonté
de maintenir les paysan·nes dans la pénibilité du travail. Le témoignage de Véronique Léon (cf. p. VI) nous montre que tout est dans la limite entre faire tout soi-même et accepter de se faire aider par la technique. L'autonomie, qu'elle soit technologique, finan-
cière ou énergétique, suppose toujours une autonomie de choix. Le progrès n'est pas là où l'on nous a toujours fait croire qu'il
était: il n'est pas dans la désertification des campagnes qui accompagne le « tout technologique », il est dans le maintien
de paysannes et de paysans nombreux sur tous les territoires, dans la redécouverte des savoir-faire, dans le plaisir éprouvé à construire l'outil dont on a réellement besoin, dans la mise en commun sur un territoire d'outils adaptés.
L'important, ce n'est pas la machine, c'est l'humain qui aime son métier de paysan·ne – maître de ses choix et de ses outils –
et qui en tire un revenu décent.


Michèle Roux,
paysanne en Dordogne

 

1) La souveraineté alimentaire est le droit des peuples à une alimentation saine, dans le
respect des cultures, produite à l'aide de méthodes durables et respectueuses de l'environ-
nement, ainsi que leur droit à définir leurs propres systèmes alimentaires et agricoles.

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